RORCHA — catalogue exposition 2006

(Texte de Pierre Gabaston)

Extraits :

« Des conduites ou des cheminées rejaillissent vers le ciel. Rorcha peint, Rorcha « filme » — tellement ses toiles circonviennent la frêle agitation du monde comme seule une caméra les manifeste. Il y découvre un échange, une germination, un cycle à l’instant où tout change, permute, se renvoie. » (page 6)
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« Avec conviction Rorcha s’enracine dans la nature. Sa géographie maintient sa géométrie (pour dire autrement l’abstraction). Guidées par leur même étymologie — « gê » — elles retournent à la terre. La deuxième favorise les infiltrations de la première — verticales qui montent et qui descendent —, règle, mesure, scande ses strates horizontales. Elle organise la circulation intenses des anfractuosités ou entailles qui disjoignent et relient les surfaces dominantes. Nous avaient-elles échappé ? Toutes ces lisières — souvent de feu — prennent le pouvoir jusqu’à faire éclater l’assemblage solidaire des plaques, des blocs erratiques ou élevés, des bâtiments, des murs, de tous les panneaux redressés. » (page 6)
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« Cet horizon aveugle — adjectif et verbe confondus — (et il) ne sera jamais défini parce qu’il ne peut pas l’être.Le mur qu’il faut peindre : nom d’un tableau. Il dit bien le travail artisanal du plasticien, presque de série, qu’il faut accepter — des outils restent des outils — et dépasser. Dépasser parce que le geste artisanal se satisfait de sa finition, de son heureuse harmonie. Le mur de Rorcha sera toujours à repeindre parce qu’il n’arrivera jamais à le « peindre ». Toujours, en peintre libre, il chérira cet horizon fuyant. » (page 7)
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« Tous les six mois Rorcha nous déroute. Il change de rythme, se laisse surprendre par l’énergie de la nature. La force de pénétration de son regard fissure notre assemblage imaginaire, bricolé vaille que vaille. Ainsi nous oblige-t-il, après cette dernière rétrospective, à reconsidérer notre horizon intime. Ses plaques sensibles nous révèleront quoi de nous même ? » (page 8 et 9)
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« Comme un tableau de Rorcha tient compagnie à la lumière du jour ! Il n’est plus tout à fait le même à midi et le soir. Il soutient les rayons de soleil aussi volontiers qu’il absorbe la nuit qui tombe. Gagnés par l’agitation de la lumière, ses paysages se déprennent du corset de leur cadre. Ses surfaces meubles ou brutes s’animent. Repris par le calme crépusculaire, elles s’isolent dans un silence empreint de mélancolie. Leurs monolithes semblent rendre grâce à l’éternité. » (page 9)
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